Lorsqu’une personne décède, son patrimoine, c’est-à-dire l’ensemble de ses biens et de ses dettes, doit être transmis à ses héritiers. Cette transmission est encadrée par une procédure légale appelée la succession. Souvent vue comme complexe, cette période suit pourtant des étapes précises, principalement menées par un notaire. L’intervention de ce professionnel du droit est d’ailleurs obligatoire dès lors que la succession comprend un bien immobilier, si le défunt avait prévu un testament ou si le montant du patrimoine dépasse 5 000 euros. Si vous êtes un potentiel héritier, le présent article vous explique comment se déroule la succession afin d’anticiper les démarches et de respecter les échéances imposées par l’administration fiscale.
Sommaire
L’ouverture de la succession et l’acte de notoriété
La toute première étape qui marque l’ouverture de la succession est le choix du notaire. Ce choix est libre et revient aux héritiers. Une fois désigné, le notaire va rassembler les documents nécessaires (acte de décès, livret de famille, titres de propriété, etc.) et commencer par établir l’acte de notoriété. Ce document officiel liste toutes les personnes ayant des droits dans la succession et précise la part qui revient à chaque héritier. C’est cet acte qui vous confère officiellement la qualité d’héritier et vous permet d’initier certaines démarches comme le déblocage des comptes bancaires du défunt.
L’inventaire du patrimoine et l’option successorale
Le notaire procède ensuite à un inventaire complet et détaillé du patrimoine du défunt. Cette étape consiste à évaluer l’ensemble des actifs (biens immobiliers, comptes bancaires, placements financiers, meubles et objets de valeur) et à chiffrer le passif (les dettes telles que les crédits en cours, les impôts dus, les factures impayées). C’est ce bilan qui détermine l’actif net successoral.
Une fois ce bilan connu, chaque héritier doit faire un choix, c’est ce que l’on appelle l’option successorale. Trois possibilités s’offrent à lui :
- l’acceptation pure et simple : l’héritier reçoit sa part d’héritage et doit régler les dettes du défunt, même si elles dépassent la valeur des biens ;
- l’acceptation à concurrence de l’actif net : l’héritier ne paie les dettes qu’à hauteur de la valeur des biens dont il hérite. Son patrimoine personnel est ainsi protégé ;
- la renonciation : l’héritier refuse sa part d’héritage et n’est, en contrepartie, pas tenu de payer les dettes.
Ce choix est individuel et dispose d’un délai minimal de 4 mois après le décès.
La déclaration de succession et le partage des biens

L’étape fiscale est inévitable durant une succession. Les héritiers doivent remplir et déposer une déclaration de succession auprès de l’administration fiscale. Ce document récapitule l’ensemble du patrimoine et sert de base au calcul des droits de succession. Le délai pour déposer cette déclaration et payer les droits correspondants est de 6 mois à compter du décès (porté à 1 an si le défunt est décédé hors de France). Tout retard de paiement entraînera des pénalités.
Une fois les impôts réglés, le notaire peut enfin procéder au partage des biens entre les héritiers, conformément aux droits de chacun. Si les héritiers le décident, ils peuvent aussi choisir de rester en indivision, c’est-à-dire de demeurer collectivement propriétaires des biens. La signature de l’acte de partage par tous les héritiers marque la clôture définitive de la succession.
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Élise Rambaud est une rédactrice spécialisée en emploi et formation, passionnée par l’actualité des compétences et des opportunités professionnelles.
